Le Ceped Page à Page – Procréation médicale et mondialisation – Expériences africaines

Le Centre Population & Développement (Ceped) et la bibliothèque SHS Descartes CNRS ont le plaisir de vous inviter à la présentation de l’ouvrage Doris Bonnet (IRD) et Véronique Duchesne (Paris Descartes-Ceped) vous invitent à la présentation de leur ouvrage intitulé « Procréation médicale et mondialisation. Expériences africaines ».

Le mardi 21 Mars  2017 à 18h.

La présentation sera suivie d’un débat avec Béatrice Bertho, socio-anthropologue à la Haute Ecole de Travail Social et de la Santé de Lausanne.
Entrée libre, sans inscription.

Le lieu :
Bibliothèque SHS Descartes CNRS de l’Université Paris Descartes.
Bâtiment Jacob au Rez-de-chaussée
45 rue des Saints Pères
75006 Paris

Résumé :
Introduites en Afrique subsaharienne à partir des années 1980-1990, les technologies de la reproduction sont encore largement méconnues. Leur émergence est intervenue dans un contexte sanitaire où l’offre de soins en santé de la reproduction est largement insuffisante. De nombreux couples deviennent stériles à la suite d’infections sexuellement transmissibles non traitées, ou pour les femmes, en raison de difficiles conditions d’accouchement, ou d’avortements pratiqués hors d’un contrôle médical. Face à la stigmatisation sociale et aux pressions familiales (risques de répudiation, divorce, polygamie) des couples inféconds se tournent, souvent à l’insu de la famille et de l’entourage, vers la fécondation in vitro au sein de cliniques privées de métropoles africaines. D’autres décident de partir à l’étranger, vers un pays voisin ou sur un autre continent, sur recommandation médicale ou par souci de confidentialité. Dans ce contexte, l’Assistance médicale à la procréation reste porteuse de profondes inégalités, puisque uniquement accessible aux classes moyennes. Mais il n’est pas rare que des couples peu fortunés en viennent à vendre des biens et à recourir à des prêts pour le paiement d’une fécondation in vitro.
La procréation médicalement assistée est une nouvelle façon de faire des enfants et donc de faire des parents. Elle révèle l’émergence de l’idée d’un enfant du couple et non plus seulement d’un enfant du lignage. Certes, elle répond à des objectifs thérapeutiques, mais elle est aussi emblématique d’un contexte africain urbain contemporain où mariage, sexualité, engendrement et parentalité peuvent être dissociés.
Doris Bonnet, directrice de recherche émérite à l’Institut de Recherche pour le Développement,  et Véronique Duchesne, maître de conférences à l’Université Paris Descartes, sont anthropologues à l’UMR 196 « Population et Développement » (Ceped).