Dépression, allergies : comment ces maladies diminuent nos défenses immunitaires et favorisent les infections virales

Les interférons (IFN) sont des molécules antivirales et antitumorales naturellement produites dans le corps pour se défendre vis-à-vis des pathogènes et des cancers. Sentinelles de l’immunité, les cellules dendritiques plasmacytoïdes (ou pDC) sont des globules blancs très rares. Ils sont capables, lorsqu’ils détectent une infection, de déverser dans le sang de grandes quantités d’interféron. Mais à long terme, cette arme peut se retourner contre le système immunitaire et l’épuiser. Ainsi, une activation prolongée des pDC se révèle délétère dans le cas du sida ou de la sclérose en plaque. Il est donc important que leur activité soit finement modulée. Or, des chercheurs viennent de découvrir que la production d’interféron par les cellules pDC peut être bloquée par de petites molécules appelées amines, connues par ailleurs comme neuromédiateurs1 (sérotonine, dopamine, histamine…). Le lien observé depuis plus de 50 ans entre certaines maladies (comme les allergies, la dépression) et une sensibilité accrue aux infections vient donc de trouver une explication à l’échelle cellulaire et moléculaire. Ces travaux pourraient aussi déboucher sur la mise au point d’analogues de neuromédiateurs pour freiner l’activité des cellules pDC dans les maladies auto-immunes et les infections chroniques. Ces recherches, menées par l’équipe CBMIT du Laboratoire de chimie et biochimie pharmacologiques et toxicologiques (CNRS/Université Paris Descartes), en collaboration avec la laboratoire Toxicologie, pharmacologie et signalisation cellulaire (Inserm/Université Paris Descartes), le Francis Crick Institute (Royaume-Uni) et l’université d’Ulm (Allemagne), sont publiées le 9 février 2017 dans la revue Nature Communications.

1 Un neuromédiateur est une molécule qui assure la transmission des messages nerveux d’un neurone à l’autre, au niveau des synapses. Certains ont aussi d’autres fonctions. Ainsi, l’histamine est libérée par certains globules blancs lors des réactions allergiques.

Source CNRS