Le CEPED (Centre Population et Développement), cap “aux Suds” depuis 28 ans

Le CEPED (Centre Population et Développement), cap “aux Suds” depuis 28 ans

Après avoir été un GIS créé en 1988, le CEPED (Centre Population et Développement) est une Unité Mixte de Recherche depuis 2008, associant l’Université Paris Descartes et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Ses travaux portent, globalement, sur les questions de population et de développement dans les pays du Sud, déclinés en trois axes thématiques – la santé, les migrations, l’éducation et les savoirs. Installé rue Jacob depuis 6 ans, le CEPED a emménagé au Centre universitaire des Saints Pères le 1er juin 2016. Les chercheurs et les étudiants affiliés au CEPED bénéficient désormais de la dynamique du CUSP et de ses nombreuses infrastructures, au plus près de la Faculté de Sciences Humaines et Sociales – Sorbonne où le Master Population et Développement, adossé à l’UMR, est dispensé.

Discours d’Étienne Gérard, directeur du CEPED, pour l’inauguration du 18/11/2016 en présence de Frédéric Dardel, Président de l’université Paris Descartes et de Jean-Marc Châtaigner, Directeur général délégué de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Être ainsi situé dans les locaux de l’Université représente l’issue d’un long parcours pour le Ceped, entamé lors de sa création en 1988 en tant que GIS et successivement dirigé par Francis Gendreau, de l’IRD, Jacques Vallin, de l’INED, Alain Lery, de l’INSEE, André Quesnel, de l’IRD, puis par mon prédécesseur, Yves Charbit, de l’Université Paris Descartes, qui a œuvré pour la transformation du GIS en UMR en 2008, UMR qu’il a dirigée jusqu’en 2013.

Le parcours du Ceped est aussi celui d’un centre de recherche qui a régulièrement évolué, sans cesser de conduire, dans les pays du Sud, des recherches sur les questions de population et de développement.

Aujourd’hui, ces recherches se déclinent en trois axes thématiques – la santé, les migrations, l’éducation et les savoirs – qui interrogent les logiques et les effets des processus de mondialisation. Nos approches ne privilégient pas seulement le croisement des trois axes que je viens de mentionner, mais aussi l’interdisciplinarité et le comparatisme à partir de nos « terrains » en Afrique, en Amérique latine, en Asie, dans le pourtour méditerranéen, ou encore dans les Rom-Com.

« L’identité de l’UMR est marquée par une interdisciplinarité gage d’une compréhension plus fine des enjeux liés aux ‘Suds’ »

Sans ne rien perdre de leur spécificité, chaque discipline est conduite à dialoguer avec d’autres – je prends simplement les exemples de la démographie avec l’épidémiologie comme avec l’anthropologie, de la socio- linguistique avec les autres sciences sociales, des sciences politiques avec les sciences de la santé, etc.

Ce sont les enjeux globaux sur lesquels nous travaillons avec nos partenaires du Nord et du Sud qui nous poussent à ces croisements et à ces comparaisons ; ce sont les enjeux liés aux évolutions démographiques, ceux de la santé globale, de la réduction des inégalités en matière d’éducation, de la compréhension des migrations locales et internationales, pour ne citer que ceux- là.

dardelgerard

Frédéric Dardel, Président de l’université Paris Descartes, Étienne Gérard, directeur du CEPED, et Jean-Marc Châtaigner, Directeur général délégué de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) le 18/11/2016.

Le Ceped s’est ouvert à ces questionnements depuis de nombreuses années maintenant, et nous devons à mon prédécesseur d’avoir favorisé ces perspectives disciplinaires du Ceped au-delà du seul champ de la démographie auquel il était dédié depuis ses origines. Des anthropologues, des géographes, des sociologues, des sociolinguistes, mais aussi une économiste sont ainsi peu à peu venus au Ceped, avant d’être rejoints par une juriste, des politistes ou encore des épidémiologistes.

« Le CEPED connaît une croissance soutenue, avec 28% d’effectifs supplémentaires en 4 ans »

Depuis 4 ans, l’activité du Ceped va croissante, une dynamique se traduisant par la multiplication des nouveaux projets, des partenariats, des financements comme ceux de l’ANR, de l’AFD, de l’ANRS, de la commission européenne, du CRDI canadien, etc. Mais également par une importante croissance des effectifs de chercheurs et de doctorants de tous horizons ( +28% depuis 2012).

L’identité de l’UMR est ainsi aujourd’hui résolument marquée par cette pluri- et cette interdisciplinarité car elle est gage d’une compréhension plus fine des enjeux liés à nos thématiques de recherche.

Grâce à cette ouverture disciplinaire accrue, nous travaillons sur des chantiers géographiques nouveaux – des projets se développent par exemple sur Mayotte – et nous avons désormais les forces pour consolider des chantiers de recherche dans des pays comme le Vietnam, le Sénégal, le Mexique, etc. – à l’appui de projets pluri-thématiques ou pluridisciplinaires ou grâce à des dispositifs comme les JEAI, les LMI ou des observatoires.

Nous renforçons aussi nos collaborations avec nos partenaires, du Sud comme du Nord. J’en veux pour preuves, notamment, notre participation aux labex IPOPS et IFRIS, au projet Dim Ile de France, déposé par le directeur de l’IFRIS, membre du Ceped qui regroupe, sur une thématique de sociologie des sciences, 26 laboratoires franciliens ; ou la journée d’étude « Santé des immigrés en France » co-organisée par des membres du Cermes3, de l’IPEPLS et du Ceped sur « la santé des immigrés en France » ; ou encore – et j’en finis là – le congrès Sciences sociales et VIH Sida, co-organisé par le Ceped également avec le soutien de la Fondation de France, de l’ANRS, de la FMSH et du Codesria, qui réunira à Abidjan en décembre prochain plus de 80 communicants.

Ce sont de telles collaborations et partenariats que nous souhaitons, mes collègues et moi, mettre ici à l’honneur et faire fructifier. Mener à bien des nombreux projets, suppose des ressources et des supports importants. Il convient de souligner l’importance de l’accompagnement assuré à ces développements par les services de l’université, de la Faculté, de la délégation IRD de Bondy, mais aussi, au quotidien, du secrétariat du Ceped. Ensemble, personnels, chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants, nous entendons transmettre nos approches des questions sur les Suds et nous nous y efforçons à travers les enseignements, en particulier du master expertise en population et développement  que le Ceped assure depuis 2010 à la Faculté de Sciences Humaines et Sociales – Sorbonne.

Pour en savoir plus : www.ceped.org

Le Master Population et Développement

Crédit photo : IRD