Santimmune, l’immunothérapie au cœur des problématiques de recherche en santé !

Santimmune a été créée en 2015 sous l’impulsion de Jean-Philippe Herbeuval et Pierre-Olivier Vidalain,Directeur de Recherche au CNRS . Convaincus qu’agir sur notre système immunitaire à l’aide de substances actives, naturelles ou de synthèse, est la clé de nouveaux traitements contre les maladies infectieuses et le cancer, Santimmune a pour vocation de soutenir les projets novateurs sur cette thématique.

Jean-Philippe Herbeuval et Pierre-Olivier Vidalain ont tous les deux orientés leurs recherches sur l’immunologie durant leurs études. « Suite à ma thèse effectuée en immuno-cancérologie à l’université Jean Monnet de Saint-Etienne, j’ai effectué un post-doctorat aux Etats-Unis au National Institue of Health où j’ai eu l’occasion de travailler sur les maladies infectieuses et particulièrement sur l’immunosuppression induite par le VIH » explique Jean-Philippe Herbeuval. De retour des Etats-Unis, il est recruté au CNRS en 2006 et poursuit ses recherches à Necker. Il fonde en 2012 le CBNIT, une équipe de recherche en immunothérapie à l’interface entre chimie et biologie. De son côté, Pierre-Olivier Vidalain a effectué un doctorat en immunologie à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Il obtient ensuite un financement européen lui permettant de poursuivre sa formation à la faculté de médecine de Harvard. « Après trois ans passés aux Etats-Unis, j’ai été recruté au CNRS en 2005 pour travailler à l’Institut Pasteur où j’ai étudié pendant 10 ans les mécanismes d’échappement des virus à la réponse immunitaire. Ce qui a provoqué notre rencontre est le fait de nous être intéressés, pour des raisons différentes, aux interférons et à la molécule TRAIL qui sont produits par l’organisme en réponse aux maladies infectieuses, et sont directement impliqués dans la réponse immunitaire » poursuit-il. C’est ainsi que Pierre-Olivier Vidalain rejoint le CBNIT en février 2015.

L’immunologie : l’une des clés de la recherche contre les maladies infectieuses et le cancer.

Chaque jour notre système immunitaire est sollicité pour repousser les assauts de micro-organismes qui cherchent à utiliser le corps humain pour se multiplier. Il est donc notre principal rempart contre les virus, les bactéries et le développement des tumeurs. Mais malheureusement, certains agents pathogènes parviennent à contourner ce système de défense en perturbant la réponse immunitaire rendue alors inefficace. « C’est notamment le cas lors de l’infection par le VIH. Ce virus passe son temps à contourner le système immunitaire et épuise l’organisme, entrainant ainsi la mort du patient infecté » explique Jean-Philippe Herbeuval. Ainsi, si les interférons jouent un rôle majeur de prévention dans les cas d’une infection aigue comme la dengue, ils peuvent être nocifs dans le cas d’une infection chronique comme le VIH. L’un des enjeux de la recherche en immunologie consiste à trouver un moyen d’adapter au mieux les défenses immunitaires à l’agent infectieux dont l’organisme est la victime. « Pour ce faire, nous sommes convaincus qu’il est possible de réduire drastiquement l’impact des infections en développant des molécules capables de restaurer la réponse immunitaire, permettant au corps d’éliminer plus rapidement les pathogènes » déclarent-ils.

Un constat d’urgence

Le coût des infections virales en vies humaines, mais également sur le plan social et économique, devient de plus en plus préoccupant. En effet, la pauvreté et le manque d’hygiène associés au développement de mégapoles densément peuplées, sur tous les continents, favorise l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes. Par ailleurs, les échanges internationaux, de biens et de personnes, mais aussi les bouleversements écologiques que connaît notre planète, sont des facteurs aggravants du risque épidémiologique. La découverte et la mise au point de nouveaux antiviraux constituent donc un enjeu crucial du XXIe siècle. Les épidémies récentes de SRAS, de grippe aviaire, de chikungunya ou de fièvre Ébola, ont sensibilisé le grand public à ces problèmes. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt, et pour d’autres infections virales, les chiffres prennent depuis quelques années une ampleur démesurée. La grippe saisonnière est ainsi responsable de 250 à 500 000 morts chaque année dans le monde. Avec la rage, la rougeole, le SIDA et les gastro-entérites, la dengue fait partie des infections virales les plus problématiques : 40 % de la population mondiale est exposée, soit 2,5 milliards d’individus, et l’on dénombre par an plus de 22 000 morts pour 50 millions d’infections déclarées (Chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé). Dans ce contexte, il est nécessaire de proposer et de développer de nouvelles options thérapeutiques d’urgence.

Des programmes de recherches innovants

La fondation Santimmune, grâce aux financements obtenus, soutient des programmes de recherche aux résultats prometteurs. « Ainsi, nous avons pu, par le biais de la fondation, financer l’achat d’une banque de 800 molécules qui nous permettra de mieux comprendre les substances naturelles qui régulent la réponse immunitaire au sein de l’organisme » se félicite Pierre-Olivier Vidalain. « Nous menons également deux autres projets d’envergures. Le premier consiste à démontrer l’impact des polluants présents dans notre environnement sur notre système immunitaire. Le second vise à mettre à jour les liens étroits qui existent entre le psychisme et l’immunité au sein de l’organisme. Nous savons depuis longtemps que nos états psychiques jouent un rôle dans l’immunité, mais nous sommes sur le point d’en révéler certaines causes biologiques » conclut Jean-Philippe Herbeuval. Afin de mener à bien ces projets, les dons en faveur de la recherche sont nécessaires. A ce titre, la Fondation Santimmune a vocation de financer des étudiants, du personnel qualifié et du matériel de laboratoire. Les fonds récoltés permettront également d’inviter de nombreux scientifiques de premier plan dans le but de construire un réseau à la visibilité internationale.