Sur la route

Sur la route

Plus de 50 bibliothécaires et amoureux des bibliothèques ont pédalé de Toulouse à Bordeaux pour promouvoir les bibliothèques et échanger entre professionnels sur leurs pratiques.

A l’université Paris Descartes, Elisabeth Collin-Canto (SCD) et Emmanuelle Prévost (BIU Santé) ont participé à cet évènement organisé par l’association Cyclobiblio.

Promouvoir les bibliothèques à vélo, d’où vient cette idée ?

ECC : C’est une initiative finlandaise à visée internationale. En France, l’association est née en 2014.

EP : Chaque année, une thématique est mise à l’honneur et débattue pendant la semaine. Cette année, Cyclobiblio avait pour fil directeur «Vers des bibliothèques participatives ».

Tout au long du trajet, des rencontres et des visites de bibliothèques sont prévues. Se joignent à l’aventure les personnes qui le souhaitent : professionnels de l’information-documentation mais aussi amoureux des bibliothèques.

ECC : Oui, le groupe est composé de volontaires, bibliothécaires ou professionnels de la documentation mais aussi architecte, informaticien… Les personnes qui le souhaitent peuvent rejoindre le groupe même pour une seule étape.

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Qu’est-ce qui vous a amené à participer à cet évènement ?

ECC : Cyclobiblio permet de concilier amour du vélo et du métier, de « faire sortir la bibliothèque de ses murs » pour aller à la rencontre des élus, des usagers.

A Bordeaux, nous avons organisé  par exemple une session de book crossing : chaque bibliothécaire choisit un document qui lui plaît et le « libère » en l’offrant aux  passants… Les bibliothèques ont changé mais beaucoup d’usagers en ont une image stéréotypée.

EP : Cyclobiblio permet aussi de rencontrer des collègues d’autres établissements (bibliothèque universitaire, interuniversitaire, municipale, centre de documentation) et d’échanger sur nos pratiques professionnelles. Il est question de partage, de goût du service public. On se rend compte qu’on est face aux mêmes problématiques, quels que soient le pays et le type de structure dans lesquels nous travaillons. Et puis la randonnée à vélo permet également d’échanger à un autre rythme.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

EP : Les projets architecturaux actuels qui permettent aux bibliothèques de concilier différents usages.  Par exemple : la bibliothèque Grand M (Toulouse) propose des salles de lecture mais aussi des ateliers dédiés au numérique, un auditorium pour réaliser des projections vidéo, des concerts. La  médiathèque « La Source » du Bouscat est à la fois conçue comme un lieu de vie, de convivialité et contient une offre documentaire diversifiée.

ECC : J’ai découvert et apprécié ce que les collègues proposent en termes de communication et médiation autour des collections et services de leurs bibliothèques. A l’université Toulouse Jean Jaurès, les étudiants et chercheurs peuvent prendre rendez-vous avec un coach documentaire lorsqu’ils ont besoin d’un appui dans leurs recherches d’information.

Et à l’université Paris Descartes, que propose le Service commun de la documentation ?

ECC : Nous tâchons d’améliorer notre offre de service : le SCD a testé cette année la mise en place d’une navette afin de permettre aux usagers d’emprunter et de retourner leurs livres dans certaines bibliothèques du réseau sans se déplacer.

Comme l’université Jean Jaurès, Paris Descartes possède ses « coach documentaires », des bibliothécaires spécialisés qui répondent aux demandes d’information des étudiants et chercheurs et proposent des guides par discipline et des lectures recommandées. Les associations et enseignants qui le désirent participent à leur élaboration.

Enfin, ma collègue parlait de projet architectural et de nouveaux usages, la bibliothèque universitaire en droit-économie qui ouvrira à la rentrée en est un bon exemple. Ce nouveau bâtiment imaginé par l’atelier Canal-Architecture comptera 410 places assises, réparties sur deux niveaux, pour une superficie totale de plus de 2000 m². Il offrira des espaces à la fois lumineux et confortables et comportera 30 salles de travail  de 4 et 6 places  ainsi qu’un équipement informatique de pointe pour favoriser le travail collaboratif.

Les bibliothèques, plus qu’une histoire de livres ?

ECC : Avec Cyclobiblio une évidence m’a frappé. Certains d’entre nous étaient sceptiques sur leurs capacités à réaliser 400 km en vélo, atteindre Bordeaux et ils y sont parvenus : ce que l’on ne peut accomplir seul, on peut réussir à l’accomplir grâce à l’énergie d’un groupe porté par un objectif commun.

Pour en savoir plus :

Site de Cyclobiblio 

Livres hebdo : Des participants au Cyclobiblio 2016  livrent leurs impressions

Les guides des bibliothécaires Paris Descartes sur le site du SCD

Photo  : Emmanuelle Prévost (BIU Santé) et Elisabeth Collin-Canto (SCD Paris Descartes)