La grossesse à l’épreuve de la précarité

La grossesse à l’épreuve de la précarité

Lundi 6 juin 2016, Elie Azria, chef de service de la maternité Notre Dame de Bon Secours du Groupe Hospitalier Paris Saint Joseph, Maitre de conférences à l’université Paris Descartes et chercheur en épidémiologie à l’Inserm dans l’UMR 1153, en collaboration avec Catherine Deneux et Candice Estellat, organise une journée consacrée aux inégalités sociales de santé maternelle et périnatale. Au cours de cette journée seront notamment présentés les résultats de l’étude de cohorte « PreCARE ». Elle aura lieu au sein de l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris. Le docteur Azria revient sur les enjeux de cette étude et de cette journée.

La nécessité d’étudier en détail les répercussions de la précarité sociale chez les femmes enceintes est née des préoccupations du Professeure Dominique Mahieu-Caputo, chef du service maternité à l’hôpital Bichat, qui rencontrait une très grande précarité chez les personnes venant la consulter. « Ainsi est née la cohorte PréCaire, avec l’objectif d’étudier plus avant les mécanismes qui lient les conditions sociales de la mère avec les risques pour la grossesse et pour le nouveau-né et de comprendre ces mécanismes pour pouvoir agir et donc réduire au maximum les inégalités sociales de santé » explique Elie Azria. S’inscrivant dans la continuité du Professeure Mahieu Caputo, Elie Azria a coordonné cette vaste étude.

Une approche multifactorielle et multidisciplinaire

« Par abus de langage on parle de précarité maternelle mais la précarité est très vaste et multidimensionnelle. Aussi, nous nous intéressons aussi bien à la pauvreté monétaire qu’à celle liée au manque de couverture sociale où encore à la précarité du logement » poursuit-il. L’isolement social fait également partie des préoccupations majeures au sein de cette étude car il s’agit d’un vrai facteur de précarité ! Comment faire quand on est enceinte et qu’on ne peut compter sur personne pour nous venir en aide au moment de la naissance d’un enfant ».

Les phénomènes liés à l’afflux migratoire sont également des objets d’études importants au sein de cette cohorte. « Selon leurs origines, les femmes enceintes immigrées présentent des risques de santé très variables et très différents » explique Elie Azria. Aussi, afin de mieux comprendre toute la complexité de ces phénomènes, les approches multidisciplinaires sont privilégiées. « Des équipes de sociologues qui travaillent sur la sociologie des organisations nous viennent en aide ainsi que des anthropologues qui nous permettent de dépasser les obstacles à la compréhension des mécanismes sur lesquels l’approche épidémiologique bute » se félicite-t-il.

Le double objectif de la journée scientifique

« Le premier objectif de cette journée est de remercier tous les soignants et les acteurs qui ont contribué à la constitution de cette cohorte. De nombreux professionnels ont donné de leur temps pour nous permettre aujourd’hui d’avoir une base de données importantes en termes qualitatifs et quantitatifs » poursuit le docteur Azria. Avec plus 10000 femmes incluses et de 1500 variables recueillies par femme, les possibilités d’études liées à cette cohorte sont extrêmement étendues. Le choix a donc été fait de convier un public très large pour la première présentation publique de ces résultats.

L’autre objectif est de remercier et d’impliquer tous nos partenaires. La mise en place d’une telle cohorte est le fruit de dix années de travail : « le projet a germé en 2005-2006, le financement a été obtenu en 2007 et les premières femmes ont été incluses dans la cohorte en 2011 » détaille-t-il. Puis plus de deux ans de travail ont été nécessaires pour finaliser le le recueil de données et la préparation de la base de données avant d’entreprendre son analyse.

Des conclusions de cette étude doivent émerger des solutions concrètes afin d’améliorer la santé des femmes enceintes en situation de précarité et de leurs enfants. « C’est pour cette raison le partenariat conclu avec la Mairie de Paris dans l’organisation de cette journée est pour nous très important. Il y a une vraie volonté de leur part de s’adosser sur des données scientifiques pour faire évoluer les politiques de la ville » conclut Elie Azria.

 

 

Infos pratiques :

Journée scientifique  – La grossesse à l’épreuve de la précarité

Organisée en partenariat avec le DHU Risques et Grossesse

Lundi 6 juin 2016 – Auditorium de l’Hôtel de Ville de la Mairie de Paris

Découvrir le programme de la journée

Inscriptions obligatoires sur www.infocongres.com