L’hypertension artérielle : une nouvelle approche thérapeutique mise au point par une équipe française rattachée à l’université Paris Descartes, l’Inserm et l’AP-HP.

En France, l’hypertension artérielle touche environ 30% de la population et peut conduire à des complications cardiovasculaires ou rénales graves, parfois mortelles. Malgré la disponibilité de nombreuses classes médicamenteuses différentes, l’hypertension artérielle résistante (HTAR) touche environ 10% de la population des hypertendus traités en France. Elle constitue une préoccupation de santé publique pour le risque élevé d’accident cardiovasculaire et cérébrovasculaire* auquel elle expose. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle piste thérapeutique, la dénervation rénale par voie endovasculaire**, a été développée pour traiter l’HTAR. Elle consiste à interrompre l’activité électrique des nerfs du système nerveux sympathique à destinée rénale par application contre la paroi des artères rénales d’un courant électrique de faible intensité (ondes de radiofréquence) délivré par un cathéter. Cette nouvelle technique, en pratiquant une dénervation au niveau du rein permet une baisse significative de la tension artérielle dans l’ensemble de l’organisme.

Le Professeur Michel Azizi, du service d’hypertension artérielle et coordonnateur du Centre d’Investigations Cliniques 1418 AP-HP/Inserm, et le Professeur Marc Sapoval, chef du service de radiologie interventionnelle de l’hôpital Européen Georges Pompidou, à l’AP-HP, coordonnent l’essai clinique multicentrique français institutionnel, DENERHTN, qui avait pour objectif de préciser la balance bénéfice-risque et le rapport coût-efficacité de la dénervation rénale par rapport à une prise en charge médicamenteuse classique dans l’HTAR. Dès 2009, des patients ayant une HTAR ont été traités par dénervation rénale par les médecins des deux équipes de l’hôpital Européen Georges Pompidou dans le cadre d’un essai randomisé contrôlé international. Cette première étude avait montré la faisabilité de la dénervation rénale et des premiers résultats positifs en termes de contrôle de la tension des patients. Cependant, ses limites méthodologiques ont incité les investigateurs à proposer l’essai DENERHTN, démarré en mai 2012. Les résultats de cet essai ont fait l’objet d’une publication dans la revue The Lancet, le 26 janvier dernier. Ils montrent une réduction de la tension significative après une dénervation rénale par rapport à une prise en charge médicamenteuse conventionnelle.

* Ce terme désigne les vaisseaux sanguins du cerveau.

**Le mot endovasculaire désigne l’intérieur d’un vaisseau sanguin.